Un billet d’humeur, mais franchement, ça commence à bien faire. Marre d’entendre tous les jours opposer ceux qui bossent et les « assistés ». Marre de voir les petits patrons solidaires de leurs collègues du CAC40.
Vous savez bien que je ne suis pas belliqueux par nature, mais la coupe est vraiment pleine.
Puisque la droite par le discours de Sarkozy désigne des ennemis à la vindicte publique. Les socialistes en ont-ils aussi ? Et c’est qui les « assistés » ?
Le chômeur en fin de droits qui vit du RMI ?
Celui ou celle qui sous les coups de la vie a perdu travail, foyer, et pour lequel il ne reste plus que la bouteille ?
Celui ou celle dont la santé ne lui permet plus de garder son emploi?
Celles et ceux qui perdent leur emploi pour mieux gonfler les dividendes d’actionnaire ?
Il y a peu, un malade était dans le cabinet de son médecin. Celui-ci lui a fait remarquer qu’en ce moment même, il était aussi « assisté » et il l'a mis en garde contre un discours qui finira par lui faire perdre aussi une telle assistance.
Si les socialistes ont des ennemis, ce ne sont pas ceux qui vivent difficilement de minimas sociaux, ce ne sont pas celles et ceux qui vivent difficilement de leur travail, mais bien celles et ceux qui profitent grassement en ne travaillant pas (et pas toutes celles et ceux qui gagnent par leur travail plus de 4000 €…). Pourquoi avons-nous cessé d’opposer les revenus du capital et ceux du travail ? Sans doute parce que de nombreux Français sont de petits actionnaires. Mais quoi de commun entre eux qui ont économisé sou à sou pour se faire un complément de revenu et ceux qui en possèdent beaucoup plus sans avoir jamais eu besoin de les acheter ?
Et quoi de commun entre tous ces petits patrons qui prennent tous les jours le risque économique avec ceux qui n’en prennent aucun par rapport à ceux qui sont si largement récompensés de leur mauvaise gestion ? Est-ce qu’un seul de ces grands patrons prend un seul instant le risque d’être personnellement ruiné ? Certainement pas FORGEARD, encore moins MESSIER pour ne citer que ceux là.
Alors n’ayons plus peur de désigner nos ennemis. Pas celles et ceux qui bénéficient de la solidarité. La sécurité sociale, c’est une belle conquête et je suis plus qu’inquiet pour son devenir. Ce n’est pas l’esprit de 1968 que certains veulent éradiquer mais bien celui de 1944. Jamais depuis bien des années la production de richesse n’a été tant accaparée par le capital aux dépens du travail. Il n’est pas possible d’obtenir des retours de 15, 20% voire plus sur investissement sans que certains soient lésés et nous savons qui. Alors crions-le.
L’ennemi, ce n’est pas le petit patron qui vit chaque jour parmi ses employés l’angoisse du carnet de commandes. Mais plutôt celui qui est loin, celui qui d’un trait de plume raye des centaines, des milliers d’emploi, détruit des milliers de vie sur l’autel de toujours plus de profit.
Est-ce parce que la « droite décomplexée » affiche une idéologie qui n’a rien de moderne que nous devons avoir honte de la nôtre. Vraiment, je ne souhaite pas le retour au temps de Zola ou de Dickens et c’est bien ça la « modernité » qu’on va nous servir. Haut les cœurs et chacun pour soi…
Voilà, je ne sais pas si ça va vous servir à quelque chose, mais ça fait du bien.
Nous sommes Dimanche, un bel après-midi ensoleillé.
Dimanche prochain on vote.

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